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À la santé de nos morts ! (Cafés mortels)

Et si nous partagions un verre pour parler de la mort ? De la nôtre, de celle de nos proches. Et de nos peurs, des questions qu’on se pose, des personnes qui nous manquent, des gestes qui pourraient nous aider à dire au revoir. Ou simplement de cette étrange réalité : nous savons que nous allons mourir, mais nous avons peu d’occasions d’en parler. Car la mort est un sujet difficile à aborder. Un sujet qu’on évite ou qu’on cache.

Un Café mortel est un espace convivial où chacun peut venir parler de la mort, écouter les autres et partager son expérience autour d’un verre. Il n’est pas nécessaire d’être en deuil pour y prendre part et il n’y a aucune obligation de prendre la parole. On peut aussi simplement venir pour écouter.

D’où viennent les Cafés mortels ?

Le concept a été créé en Suisse par le sociologue et ethnologue Bernard Crettaz. Spécialiste des rites funéraires, il organise en 2004, à Neuchâtel, un premier Café mortel. Son intention est simple : faire sortir la mort des espaces où elle a été confinée pour lui redonner une place au sein de nos vies. Pour que la mort redevienne un sujet de conversation comme un autre.

Concrètement, un groupe de personnes qui ne se connaissent pas forcément se retrouve dans un bar ou un café pour échanger librement autour de la mort. Le concept s’est depuis fortement développé. On trouve désormais des Cafés mortels un peu partout en France.

Là où le mot deuil, en français, englobe un processus intime et psychologique, le terme anglais mourning désigne davantage les rites sociaux et la portée collective du deuil.

« Le Café mortel n’a aucune visée thérapeutique, même s’il peut aider. Il permet à chacun, qui se croit unique dans sa douleur, de se savoir participant d’une communauté où d’autres traversent la même épreuve. Il crée de la légèreté pour autoriser l’aveu du plus profond, car chacun le sait, nous allons au bistrot avouer l’essentiel en ayant l’air de rien. Le Café mortel restitue la mort à la collectivité alors que tant de spécialistes veulent la subjectiviser. »

Extrait de Cafés mortels : sortir la mort du silence, de Bernard Crettaz

Pourquoi parler de la mort ?

Comment traverser un deuil ? Comment s’y préparer ? Comment accompagner quelqu’un qui vient de perdre un proche ? Que souhaitons-nous pour nos propres funérailles ? Pourquoi certains rites nous touchent-ils alors que d’autres nous laissent indifférents ? Comment se transforment nos liens, au cours du temps, avec nos proches disparus ? Le Café mortel permet de traverser et mettre en commun ces interrogations.


Comment se déroule un Café mortel ?

Chaque rencontre s’ouvre par la lecture d’extraits littéraires que je choisis avec soin (autour de la mort, du deuil, des rites…). Ces lectures offrent matière à une réflexion commune. Elles permettent d’entrer en douceur dans l’échange, qui dure de 1h30 à 2h.

Les participants peuvent ensuite évoquer leur expérience de deuil, raconter un souvenir, poser une question ou simplement écouter. Il peut y avoir des rires. Il peut y avoir de l’émotion. Et des silences. Tout cela a sa place. Formé à l’écoute empathique, je veille à la libre circulation de la parole, au respect des sensibilités et à ce que chaque personne se sente en sécurité, entendue et respectée.

La création de rituels est l’une de mes spécialités en tant que célébrant laïque. Pour clore la rencontre, je propose un rituel inspiré de gestes symboliques qui pourraient avoir une portée au cours d’une cérémonie funéraire : écrire un poème commun, chanter, réaliser une performance commune…

Café mortel à la médiathèque de Faches-Thumesnil, en novembre 2025

Accueillir un Café mortel

Un Café mortel peut être accueilli dans un tiers-lieu, une médiathèque, un centre social, une association, une entreprise, un établissement culturel ou tout lieu permettant d’échanger dans un cadre confortable et plutôt calme.

Vous souhaitez proposer un espace d’échange autour de la mort au sein de votre structure ? Je peux concevoir et animer pour vous un Café mortel, de façon ponctuelle ou régulière. Chaque rencontre peut être « ouverte » ou orientée autour d’une question/thématique : les rites funéraires, les dernières volontés, la mémoire de nos morts, les enfants face à la mort, les gestes d’adieu…

Pour accueillir un Café mortel, contactez-moi